13/06/2008

Une journée à Maredsous 12 juin 2008

Certains sentent la pluie à l'avance, d'autres se contentent d'être mouillés (Henry Miller)

mared1

Une abbaye dans le déluge

Ni nos dévotions à saint Benoît, ni nos espérances, ni notre enthousiasme, ni nos parapluies, ni nos sourires angéliques, ni notre ferveur, rien, rien n'y a fait, il a plus sans discontinuer (tout de même, une heure de répit entre 14 et 15.00) sur notre belle excursion, il a plu des seaux, des cordes, des hallebardes, des écluses, des lacs, des cieux, des océans entiers. Il fallait avoir le pied marin pour fouler les sentiers abbatiaux. Formaient le groupe de pélerins amphibies : Hélène Cordy, Anna Jadoul, Christiane Grigny, Juliette Paquet, Hélène Penasse, Angèle Moreau, Lucien Drugmand, Gisèle Guillet, Aline Henry, Suzanne Simon, Andrée Belot, Marie-Thérèse Herbiet, Gaby Graide, Yvonne Gillet, Marie Haulin, Albert Dinon, Caroline (qui s'est longtemps recueillie dans la chapelle monastique en sous-sol), Dolly, Marianne, David, Dominique et moi. Pour ajouter un petit supplément de dépit à l'atmosphère, votre aimable serviteur avait oublié l'appareil photographique dans le bureau du service.

mared2

La pluie du matin réjouit le pélerin, celle de l'après-midi le ragaillardit

Ce ne sont pas quelques malheureux milliers d'hectolitres de pluie lourde et froide qui peuvent dissuader le pélerin résidentiel quand il a décidé qu'il irait goûter la Saint-Benoît, le fromage d'abbaye et le pain complet. Le repas chaud est de bonne qualité, l'ambiance est bonne. Par bonheur, juste après la tarte, une éclaircie autorise une petite sortie. Nous descendons par les sentiers sur l'abbaye et nous visitons l'église qui date de la fin du dix-neuvième. L'architecture en est néo-gothique. Nous nous inclinons sur la très sobre stèle de Don Marmion,(David, ému, verse une larme et Dolly nous apprend que ce père a été béatifié, Caroline récite une prière : "prière de ne pas toucher au livret"), nous admirons quelques vitraux intéressants, quelques représentations de Benoït de Nursie (dont Dominique nous raconte les saints éléments de l'exemplaire vie), les orgues maredsoliennes, la châsse. 

mared3
 

Entre le restaurant et l'église abbatiale, la distance est malgré tout assez importante. Quelques marcheurs exténués doivent s'asseoir. Un service itinérant de chaises roulantes est organisé pour assurer le déplacement et le retour de tous. On roule ventre à terre, le ciel a noirci, une horrible nouvelle saucée est en vue. On se hâte, on bat des records du monde de vitesse, on assure. Le dernier passager franchit le seuil. Juste à temps, lorsque nous regagnons le restaurant, une nouvelle et violente averse s'abat. Elle ne connaîtra plus d'intermède. Nous ne visiterons pas les jardins, nous n'irons pas jusqu'à Maredret.

mared4

Au moment de regagner les véhicules, l'intensité de la pluie s'accroît. Pluie du soir, larmes de l'au revoir. Ah ! si j'avais pensé à l'appareil photographique, les déchirantes et superbes photos qu'on aurait prises ! Un reportage d'enfer ! (Sauf votre humide respect, cher saint Benoît ! ) Mais quelques promesses sont tenues : le pain est excellent, le fromage est de qualité, la sainte bière raffermit l'âme et lui donne des ailes.

La bière est la preuve que Dieu nous aime et veut que nous soyons heureux. (Benjamin Franklin)

Je suis un buveur occasionnel, le genre de type qui sort boire une bière et qui se réveille à Singapur avec une barbe. (Raymond Chandler)


13:03 Écrit par animation sainte-anne dans Journée à Maredsous | Lien permanent | Commentaires (0)