11/10/2007

LES VOYAGES D'HELENE PENASSE

Les voyages d'Hélène

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Hélène, sa fille, son époux embarquant pour l'Afrique 

Interview de Wendy Marin (entretien, prise de notes, transcription, mise en forme) Denys Colaux (entretien, prise de notes)

Première partie: Le Congo Belge

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Hélène et Wendy durant l'entretien

Pouvez-vous nous dire dans quels pays avez vous séjourné?

Au Congo, au Mexique, plus tard, lorsque ma fille était mariée.

A quelle(s) occasion(s)? Quand?

Je suis partie au Congo en 1947, pour le travail de mon mari qui dirigeait une équipe à Port-Franqui, il était chargé des transbordements entre les transports maritimes et ferroviaires. Nous y sommes restés pendant 13 ans avec une période de retour de six mois tous les trois ans. J'ai habité dans plusieurs endroits: Port-Francqui, Luluabourg, Léopoldville, Stanleyville, Coquilathville...

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Aujourd'hui, Port-Francqui s'appelle LLébo

Quels souvenirs gardez-vous de vos séjours à l'etranger?

Mes meilleurs souvenirs sont ceux du temps qu'il faisait là bas! La chaleur, le soleil, les orages tropicaux et la foudre qui tombait.Tout cela était impressionnant! Et un autre souvenir qui n'est pas heureux: mon opération de la vésicule biliaire, car il faut savoir que les opérations en ce temps n'étaient pas réalisées avec les moyens d'aujourd'hui. Et puis je ne pouvais pas voir ma petite fille car les enfants n'etaient pas admis dans les hôpitaux, ils étaient considérés comme des porteurs de microbes. Alors ma fille restait avec le boy à la maison puisque mon mari travaillait.

Quelle sont les relations que vous avez pu établir avec les autochtones?

Je n'avais pas beaucoup de relations avec ces personnes. J'avais juste un contact avec mes deux boys (deux garçons de service) qui s'occupaient du ménage. J'ai eu un contact avec une dame qui m'avait apporté des offrandes (deux petits oeufs sur des feuilles de palmier) pour voir ma petite fille. Les autochtones aimaient beaucoup les petits enfants, mais les tout petits car dès l'âge de sept-huit ans ils allaient travailler.

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Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa) en 1949

Le climat vous a-t-il posé problème?

Non pas pour moi car j'aime beaucoup la chaleur. Mais j'ai attrapé la malaria ainsi que mon mari. Il était beaucoup plus atteint que moi. Il transpirait beaucoup plus. Sinon je me suis accommodée au climat.

Pouvez-vous évoquer un souvenir heureux, un grand moment?

Il y a effectivement un moment qui m'a beaucoup marquée. J'avais une cousine qui habitait dans la brousse et qui était venue dans notre village pour voir un médecin car elle était enceinte! Je l'ai hébergée chez moi durant son séjour. Le jour de son départ elle devait prendre le bateau. Nous étions avec mon mari et ma plus grande fille, la plus petite était restée à la maison! Près du bateau il y avait un petit pont, une passerelle, qu'elle devait franchir. Je lui ai bien dit de regarder où elle marchait car il faisait nuit. Tout à coup j'entendis un "plouf" : ma cousine était tombée à l'eau avec ma fille qu'elle tenait par la main! J'entendais ma fille qui criait : " Maman les crocros, maman les crocros ! ".

Vous souvenez-vous des endroits où vous avez vécu ?

Dans les premiers temps, à l'époque de notre arrivée, nous étions assez mal logés. Nous vivions à proximité de l'hôpital pour Noirs. A cet endroit, on rendait les morts aux familles et les gens s'en allaient avec leur mort sur l'épaule. Nous avions une maison avec un toit en tôle ondulée. Il n'y avait guère que sur notre lit qu'il ne pleuvait pas. A Port-Franqui, nous avions une maison vraiment très sommaire. Cela s'est arrangé par la suite.

Quelle impression gardez-vous de cette époque ?

De l'Afrique, je garde surtout d'excellents souvenirs, je songeais à y passer ma vie. Oui, de bons souvenirs à l'exception du moment de l'Indépendance où nous avons réellement pris peur.

Parliez-vous la langue autochtone ?

Ce n'était pas nécessaire, les boys parlaient français. Je baragouinais un peu les dialectes, un mot ici, un mot là. Mais ces dialectes changeaient selon les villes !

Avez-vous fait du tourisme pendant ces treize années de séjour ?

Non, non, pas de tourisme. On allait en brousse le dimanche, on allait pique-niquer. Mais on craignait les insectes. Ils proliféraient. Je me souviens qu'un jour nous sommes allés voir le Roi et la Reine d'une tribu dont le village était entouré de palissades. Pour cette visite, le tarif était de deux bouteilles de whisky. Ma fille Martine tremblait de tous ses membres. Elle avait peur des gardes en costume, avec des lances, ils avaient des yeux tournoyants. Les enfants étaient affolés. Martine a pris la fuite et s'est réfugiée dans la voiture. Nous, nous avons vu le Roi et la Reine. Il faut vous dire que moi, j'étais blonde et en short, j'étais une espèce de curiosité ! Une véritable attraction pour eux, ils n'avaient jamais vu cela !

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Hélène a approté ses albums. Wendy prend consciencieusement note.

Comment avez-vous décidé de vous rendre en Afrique ?

Mon époux a travaillé un peu dans les bureaux en Belgique. Mais cela ne lui convenait pas. Il a vu une offre d'emploi d'Otraco, une firme belge qui travaillait en Afrique. Il a pris seul cette décision. Il ne m'a averti qu'en toute dernière minute. On a dû tout vendre à la sauvette, meubles et tout, en moins d'un mois. 

Deuxième partie, le Mexique

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Hélène, dans son hôtel, à Acapulco

Pourquoi vous êtes-vous rendue au Mexique ?

A cette époque, ma fille y vivait. Son mari y était ingénieur. Il avait été envoyé par la CEE, d'abord au Brésil, ensuite au Mexique. J'étais veuve quand je suis partie au Mexique. Je suis partie seule. J'ai du tempérament, du courage, quand il faut y aller, j'y vais. Mais j'étais réellement tentée par ce voyage. Mon beau-fils m'attendait à l'aéroport de Mexico. Je ne peux plus dire l'année exacte. Mon beau-fils a rempli les papiers en espagnol. Il a mis mon passeport en ordre. Il a pris en charge toutes les formalités.

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Hélène et sa fille, dans un parc touristique mexicain

Où habitaient-ils ?

A Mexico. Mais c'est une ville énorme, interminable. Une ville de de 45 kilomètres de long. Je pensais ne jamais arriver. Quand je suis arrivée, après treize heures d'avion, j'étais totalement épuisée. Parvenue chez ma fille, j'ai dormi.

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Hélène et sa fille devant le palais présidentiel à Mexico

Comment s'est passé votre séjour ?

Magnifique, merveilleux. J'ai vu beaucoup de très belles choses. Je tiens un carnet avec mes activités quotidiennes et mes dépalcements. Hélas, ce carnet a disparu dans le déménagement. Nous avons énormément voyagé. Mon beau-fils nous conduisait partout. Nous avons parcouru des distances phénoménales. Nous sommes allés à la mer, à Acapulco, dans un hôtel luxueux avec des chambres gigantesques, des protocoles magnifiques, nous avons vu le volcan Popocatepetl. Il y avait partout des traditionnels mariachis partout, des orchestres très gais, très joyeux. Nous avons fait énormément de tourisme, nous avons vu des palais, des musées, des ruelles superbes. Nous avons mangé des choses exquises mais très piquantes. J'adore la cuisine épicée, ça me convenait tou à fait. Nous avons vu des parcs où des gens qui ne se connaissaient pas dansaient ensemble, c'était magnifique. Ma fille et mon beau-fils m'ont organisé un séjour très agréable et passionnant. Je me souviens que sur la route d'Acapulco, il y avait un pont immense, tendu de câbles, un pont situé à une hauteur considérable. Le passage de ce pont causait un vrai trouble. Nous avons vu Puebla. Mille choses magnifiques. Oh, je ne regrette pas ce voyage, à part le pénible trajet en avion. Mais quels beaux souvenirs, oh oui, superbe ! Nous avons fait des centaines, des milliers de kilomètres en voiture. Mais c'était splendide. Je n'ai pas ressenti la fatigue. J'étais dans la joie du voyage et de la découverte. Au Mexique, la mer est terrible, les vagues sont hautes et puissantes, je n'aurais pas pu nager. Mais c'était beau, si beau.

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Mexique : Le Popocatepetl (mot qui signifie "Montagne qui fume" en aztèque) 

Petit musée dans la chambre d'Hélène

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Cadre brésilien en bois

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Rencontre de la lune et du soleil originaire du Mexique

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Poissons brésiliens

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Rencontre du soleil et de la lune originaire du Mexique

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Masque de Venise

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Masque du Mexique, fait avec des perles enfilées.




 

15:19 Écrit par animation sainte-anne dans Interview d'Hélène Penasse | Lien permanent | Commentaires (0)