27/11/2007

Interview Christiane Grigny

 

Parisienne et Bordelaise

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CHRISTIANE GRIGNY

Folie Méricourt

Rue Folie Méricourt

Je suis née à Paris, dans le onzième, rue de la Folie Méricourt, quartier Saint-Ambroise, où il y a une très belle église. Tout ça, c'est mon fief. En descendant, on arrivait rue de la Roquette. Tout en haut de la rue de la Roquette, on arrive au cimetière du Père-Lachaise. Quel magnifique cimetière ! Il est beau à voir, il est à visiter, il y a là des monuments extraordinaires, des tombes superbes, des personnalités immenses.

église saint-ambroise

Eglise Saint-Ambroise

Père-Lachaise

Une vue du Père-Lachaise 

Pas loin, il y avait la Place de la République, ensuite, on pouvait prendre le boulevard jusqu'à la Place de la Nation.

Ah! Paris, mon Paris, il me manque, j'en rêve la nuit. Si je pouvais y retourner. J'ai connu mille quartiers, toute l'enfliade de la République à la Nation. Vous avez le Bois de Boulogne qui est magnifique. Je m'y suis bien promenée. Avec mon époux, on y a fait de longues ballades en vélo.

Bois de Boulogne

Vue du Bois de Boulogne 

Mon époux et moi, on vivait à Courbevoie et on allait souvent voir les matchs de football au stade de Colombes. Très beaux souvenirs avec celui qui me manque. Oui, ça, il me manque terriblement. Il s'appelait Jacques.

On était pas loin de la porte Champerret, on prenait le métro, lui et moi, et on descendait dans Paris. On circulait. J'avais ma grand-mère qui demeurait rue de la Grande Chaumière, à proximité de Notre-Dame-des-Champs. De là, on allait à Montparnasse, je m'y vois ! Je vois ma grand-mère, on s'aimait bien toutes les deux ! Montparnasse, beau quartier, belle gare, très jolie, le grand boulevard pour redescendre sur la Porte de Champerret. J'ai travaillé par là, en bas. J'étais au service des expéditions, je travaillais dans les produits lavande Yardley, une maison anglaise installée dans la banlieue parisienne, à Bécon-les-Bruyères. J'y ai travaillé vingt-deux ans. J'ai aimé ce travail, je devais beaucoup remuer, ça me plaisait, j'ai fait préparatrice de commandes et emballeuse. On produisait de l'eau de Cologne, du savon à la lavande. Ensuite, on a produit la fougère. Il y avait le savon à barbe, la crème à raser, le talc. Le savon à la fougère sentait tellement bon, c'était agréable, parfois, à la longue, on était écoeurée. On formait une équipe de femmes, il y avait un homme pour clouer et cercler les caisses. J'avais sous ma responsabilité une équipe de six ou spet femmes.

Notyre-Dame-des-Champs

Notre-Dame-des-Champs vers 1900

Porte de Champerret

Porte de Champerret

Yardley

Produits de la firme Yardley

Courbevoie

Courbevoie - Bécon-les-Bruyères, Le Marché Lambrecht
 

Mon mari était peintre en bâtiments, un drôle de peintre, un travailleur très doué. Son patron l'estimait et ne lui donnait pas n'importe quel chantier. Il était natif de Dreux, dans l'Eure-et-Loire. Il est né le 16 août 1922.

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Jacques

Jacques et moi, nous nous sommes connus en 46, au bal, dans le dix-septième, vers le Pont Cardinet, pas loin de la gare Saint-Lazare. J'y pensais il y a deux jours, dans la nuit, je pensais à la rencontre, à beaucoup de choses. En 47, c'est la naissance de notre fille, Danielle. Elle est née à l'hôpital Bretonneau, à deux heures du matin, après vingt heures de douleur. Jacques était là. Il était contraint d'attendre dans une chambre à côté.

Pont Cardinet

Pont Cardinet

Gare Saint-Lazare par Monet

La Gare Saint-Lazare, Claude Monet, 1877

 

avenue clichy

Avenue Clichy

Mariés, Jacques et moi et la petite, nous vivions dans le dix-septième, avenue de Clichy d'abord et ensuite rue Berzélius. Pendant un temps, avant de travailler chez Yardley, j'ai travaillé dans un restaurant, "Le Restaurant communautaire", situé rue Brochant. J'étais à la cuisine, et quand il y avait trop de monde, je montais aussi en salle, le temps de changer de tenue. Ca ne désemplissait pas, entre 250 à 300 repas par jour. On avait du boulot. Des patrons très gentils, très corrects.

Je suis entrée chez Yardley vers 48 ou 49.

Vers les années 60, nous descendons sur Bordeaux pour le travail de mon cher et tendre. Il a un gros engagement sur Bordeaux. Moi, je travaillais dans les écoles. Ah, Bordeaux ! Une très belle ville. C'est très accueillant, tout ! Là, on a découvert le soleil, et très près, la mer, le bassin d'Arcachon. Les huîtres étaient succulentes. Avec mon mari, on se régalait.  Avec la voiture, l'été, presque tous les dimanches, on descendait à la mer. En hiver, on allait sur les montagnes, les Pyrénées. 

Bassin d'arcachon

Le bassin d'Arcachon

Bordeaux

Le Pont Saint-Pierre à Bordeaux
 

Dans les Pyrénées, on partait en balade, on s'arrêtait au gré de notre humeur, au gré du vent même. Du moment qu'on était ensemble et qu'on pouvait voir le paysage. Les Pyrénées, on en a fait le tour en voiture, en vélo, à la marche.

A la mer, on allait se baigner sur le bassin. Il y avait du monde, pas grave, plus on est de fous, plus on s'amuse. Mon mari avait le talent de dénicher les coins, de s'arrêter au gré de son humeur. La Côte Atlantique et la Méditerranée, on faisait les deux. Sur le retour, on cherchait un autre itinéraire, par curiosité, pas goût de la vadrouille.

On peut tout de même dire qu'à Bordeaux on produit les meilleurs vins de France. Les meilleurs viticulteurs sont par-là.

Notre maison était située à Saint-Médard-en-Jalles, à quelques kilomètres de Bordeaux. C'était joli. C'était une petite ville pleine de jolies petites maisons, de très jolies rues. Il y avait la ville ancienne et la ville neuve. Il y avait une très belle forêt et de très beaux villages autour, Gajac, La Haillan, Saint-Jean-d'Illac, Mérignac, Blanquefort, Salaunes, Le Bouscat, Parempuyre, Eysines... 

mairie saint-médard

Mairie de Saint-Médard

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Christiane et Denys

11:24 Écrit par animation sainte-anne dans Interview Christiane Grigny | Lien permanent | Commentaires (0)