07/03/2011

Autres activités de mon grand-père (par Jacques Diez)

RAHIMONT (suite) par Jacques Diez

Mon grand-père, indépendemment de son activité meunière, s'occupait d'entretenir la santé de ses vaches en les conduisant paître dans les pâtures dispersées dans les bois de Rahimont. J'ai moi-même, lors de mes vacances, été garder les vaches. Et pour ce faire, je tentais toujours de me faire accompagner d'un ou deux chiens. Particulièrement un de ceux-là s'appelait Lebou, ainsi baptisé par mon grand-père. C'était une femelle, elle avait engendré deux chiens, deux mâles qui vivaient aussi à la ferme. L'un était gris comme un loup, l'autre, Pitchou (en souvenir des terribles activités du Dr. Petiot), était crème et blanc. Lebou était une chienne rousse de taille moyenne. Elle logeait à l'extérieur du moulin dans une niche que mon grand-père avait construite. Les deux autres vivaient dans les écuries de la ferme.

Lorsque j'étais absent, c'est mon grand-père qui gardait le troupeau accompagné de sa ligne. Il pêchait allègrement la truite, parfois "à la main". Il m'a montré comment il faisait. Il allait les saisir sous les grosses pierres. Il y en avait toujours pour se faire prendre. C'est lui aussi qui assurait la traite des vaches.

Mon grand-père était aussi apiculteur. Il avait un rucher sur les dessus du site composé d'une vingtaine de ruches. C'était un endroit que j'approchais le moins possible. Il produisait du miel de genêt et de myrtilles. Ma grand-mère en faisait des confitures et des tartes.

Pour ce qui était des travaux hors moulin et vaches, il jetait un coup d'oeil sur l'ensemble et il faisait ses jardins. Un faisait une douzaine d'ares, l'autre une dizaine d'ares. Il faisait les salades, les concombres, les pois, les haricots, etc. Les pommes de terre étaient cultivées en hauteur, à proximité du bois, sur un terrain de vingt-cinq ares. Ce terrain lui donnait beaucoup de soucis à cause des sangliers. Il avait construit un abri et quand les sangliers s'aventuraient dans son terrain, il faisait feu. Il allait parfois veiller la nuit. On a mangé souvent du sanglier. Il faut dire qu'on vivait loin des premières maisons, quatre à cinq kilomètres, nous étions esseulés et libres ! Ma grand excellait à cuisiner le sanglier. Le sanglier n'était pas entièrement consommé immédiatement, il y avait des morceaux (jambons, par exemple) qui étaient séchés et fumés avec le foyer de la cuisine (dans l'âtre). Ma grand-mère était très douée.

Ma grand-mère faisait aussi une pâte simple (lait et farine). Elle en prenait des mesures dans une cuillère qu'elle faisait cuire dans l'eau bouillante. Elle réservait ces petits dans un plat. Ensuite, elle coupait des cretons de lard qu'elle rôtissait à la poële, ce qui donnait une masse de lardons et du jus de cuisson qui servait. Elle couvrait ensuite les petits pains des lardons et du jus. On appelait ça les knuddels. Il n'en restait jamais. Au début, j'ai eu du mal avec cette nourriture. Mais mon grand-père ne transigeait pas. Il fallait manger tout le contenu de son assiette. J'ai fini par adorer ce repas. J'en réclamais à Bobonne.

Venait le soir. Nous nous éclairions à la lampe à pétrole, seul moyen d'éclairage à cette époque. Mon grand-père n'a jamais voulu installer une génératrice sur la roue du moulin. Il n'aimait pas l'électricité. On montait au lit avec une bougie. Chacun avait sa bougie.

A la vesprée, mon grand-père lisait son journal à la lumière de la lampe à pétrole, ma grand-mère tricotait et ma mère raccommodait les vêtements. 

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Rahimont en hiver 1938

11:19 Écrit par animation sainte-anne dans Jacques Diez | Lien permanent | Commentaires (0)

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