02/07/2010

Décès de notre amie Christiane DUPONT


CHRISTIANE S'EN VA

Notre peine est immense.

La seule chose qui me console un peu, c'est d'avoir tant de chagrin. (Robert de Flers).

Pour notre amie, pour entourer chaleureusement son image et afin que l'iconographie lui ressemble, nous recueillons des symboles de vie, de joie et de lumière.

   

Copie de SL707441
 

  

 

Christiane nous quitte

Immense chagrin : La source s’est tarie du lait de la tendresse humaine

 

 

 

Tout s’est passé trop vite. Une douleur subite, un samedi soir, il y a six jours. Une hospitalisation et déjà le départ s’annonce. Il est hélas effectif le 1er juillet 2010.  Ce décès marque profondément la résidence. Il aura fallu peu de temps à Christiane Dupont pour faire autour d’elle une sorte d’unanimité réjouie. Elle est entrée à la résidence le 20 janvier 2010. Six mois parmi nous et nous voilà inconsolables. Oui, ce départ a quelque chose de déchirant. Oui, nous sommes affectés. Cette compagnie nous plaisait, nous ne la pensions pas menacée.

 

Sa belle nature, pour paraphraser Shakespeare, était pleine du lait de la tendresse humaine. Un être aussi résolument positif, altruiste, charmant, doux, plein de tact et touchant se rencontre très rarement et il faut regarder comme une chance d’avoir rencontré cette femme qui, par la générosité et la bonté de sa nature, a semé un peu de joie de vivre dans nos murs. Elle aura allumé une petite lumière qui a valeur d’exemple.  Christiane possédait un petit quelque chose qui était à la fois apaisant et exaltant.

Elle était quotidiennement des nôtres, c’était une fidèle, en compagnie de son vieil ami Jean, des activités de l’après-midi.

 

Mille petits détails constituent la belle œuvre de Christiane : son immense délicatesse, son permanent souci de l’autre, son empressement vers lui, son visage merveilleusement expressif, ouvert et confiant, son œil bleu qui a l’air d’un petit vitrail céleste, son joli rire placé, comme par coquetterie, sous la sourdine de sa main, sa belle et chaleureuse voix, son entrain, sa vitalité enthousiaste.

Pourtant, les accablements de l’âge, les problèmes de santé n’avaient pas épargné notre amie. Mais par l’effet de je ne sais trop quelles inépuisables ressources, elle offrait à la vie un visage souriant et plaisant. Christiane portait une sorte de grâce, un petit supplément d’âme. Sans aucun tapage, sans le vouloir même sans doute, Christiane nous rappelle que nous avons bien des choses à apprendre de nos résidants et d’elle, la patience, la tolérance, la dignité, la compassion, l’ouverture d’esprit, la qualité d’une présence : un art d’être au monde dans la compagnie des autres. Et, épisodiquement, alors que l’on ne s’y attendait pas, elle légendait un épisode de vie avec un proverbe ou une citation de tournure assez rabelaisienne. Dans sa bouche, la formule sonnait encore comme un grelot de muguet.

 

Si l’on s’en réfère à l’œuvre de Brassens, Christiane faisait une sorte d’inédite Auvergnate, elle donnait aussi à penser à la Jeanne du Sétois. Où qu’elle fût, elle tendait la main.

 

J’ai vécu comme un bouleversement la découverte de Christiane sur son lit d’hôpital. Le vendredi, elle est rayonnante, le lundi, elle est presque absente déjà. Il n’est peut-être pas inutile de dire que nous sommes affectés, que la douleur de nos résidants peut profondément nous remuer. Pas inutile, par moments, de rappeler que nous ne sommes pas des techniciens indifférents. Il est bien normal que ce soit à l’occasion du départ de Christiane que cet aveu trouve place dans notre revue. Dans un superbe effet d’écho, l’humanité répond à l’humanité et l’attendrissement appelle l’attendrissement. Christiane récolte ce qu’elle a semé.

 

Quand, avec les résidants, avec les collègues, les stagiaires, on évoque Christiane, les mêmes mots reviennent : gentillesse, délicatesse, bonté, sourire. Ils paraîtront anodins ou convenus à certains. C’est sans gravité. Mais j’ai aussi noté ceci que, lorsqu’on évoque Christiane, le visage de l’interlocuteur s’éclaire aussitôt, comme si une petite contagion solaire opérait. Oui, nous l’avons bien aimée, toutes et tous, je crois. Elle est passée, deux saisons, six mois, pas plus. Son exemple nous montre peut-être que, pour imprimer une empreinte durable, certains duvets valent le burin. Et Christiane, c’était un tout pur duvet. Il restait de l’oisillon en elle. Le reste formait un bel et vieil oiseau que l’on ne pensait pas perdre de sitôt. Il faut célébrer Christiane comme une aubaine, comme une belle rencontre. Christiane était particulièrement aimable, c’est-à-dire digne d’être aimée.

11:29 Écrit par animation sainte-anne dans Mémorial | Lien permanent | Commentaires (0)

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