27/04/2010

Jean WEBER, Batelier

Jean Weber, batelier

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Jean Weber est entré chez nous le 13 avril 2010. Il évoque pour nous sa vie professionnelle de batelier.

 

Le bateau sur lequel je travaillais s’appelait Le Votis. Il appartenait à mon père, batelier lui aussi. Nous transportions charbon, sable, bois, blé, gravier. Bon, il fallait prendre bien des précautions pour les marchandises périssables ou fragiles en raison des intempéries. On naviguait partout, là où il y avait de l’eau. J’ai fait l’école des bateliers à Namur, pour apprendre le métier, jusqu’à quatorze ans. Mon père avait débuté avec un bateau de bois, Le Marie, mais il a progressé, Le Votis était un bateau de fer, il pouvait contenir une charge de 300 tonnes. Sur le bateau de bois, il fallait goudronner toute la coque, au moins une fois l’an. C’était une exploitation familiale. Par exemple, on prenait un transport de charbon à Charleroi pour aller à Saverne en Alsace. On a chargé du blé sur la Marne. Quand mon père est décédé, j’ai repris le bateau. J’ai navigué sur la Sambre, la Meuse, l’Escaut, la Marne, le canal Albert, le canal de Bourgogne, la canal de la Marne au Rhin, le Rhin.  

Nous avons encore connu, lorsque j’étais très jeune, les chevaux qui hâlaient les péniches. Cette tâche s’est aussi effectuée avec des mulets. Mes parents ont connu ça.

Quand je me suis marié, je naviguais avec mon épouse, Josiane, et un ouvrier.

On a connu quelques coups durs, la glace, les accrocs. Dans la famille, tout le monde devait savoir piloter et tenir le gouvernail.

Nous avons eu, mon épouse et moi, neuf enfants, six garçons, trois filles. Elle aussi pilotait quand c’était nécessaire.

J’ai des enfants qui sont bateliers : Bernard, Jean-Claude, Bernadette, Patrick, Michel, Christian, Patricia, Chrsitiane, Albert. J’ai une sœur, elle s’appelle Régine, elle a aussi épousé un batelier. C’est normal, on reste entre bateliers.

L’eau, ça me manque, c’était mon élément. Une fois, je me souviens, j’ai trébuché, je suis passé par-dessus bord, j’avais 16 ou 17 ans, c’est mon père qui m’a repêché.

Question travail, on n’avait pas d’heures. C’était pratiquement un travail interrompu. C’était notre maison, on cuisinait, on se lavait, on dormait et surtout on travaillait. Le travail était lourd. Les vacances étaient plutôt rares. On réparait nous-mêmes, on faisait la mécanique. Parfois, à l’hiver, on était pris dans la glace. C’étaient des poêles à charbon qui chauffaient le bateau. Je ne quittais jamais le bateau. On logeait dans l’arrière, on avait des chambres, malgré tout, c’était spacieux. Les enfants allaient à l’Ecole des Bateliers, à Namur. En vacances, on allait à Hagondange, dans la Moselle, entre Thionville et Metz, on avait de la famille.

Quand on arrivait au port, on était attendu par le propriétaire de la marchandise. Parfois, ça pressait, parfois pas. On allait en Suisse, Allemagne, Belgique, Luxembourg, Autriche, Hollande, France. Ensuite, on était contacté par les affréteurs et on reprenait une nouvelle charge.

J’ai travaillé jusqu’à l’âge de 67 ans.

On en parle, on se remet en mémoire le beau temps, le mauvais temps.

10:26 Écrit par animation sainte-anne dans Weber Jean | Lien permanent | Commentaires (0)

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