12/04/2010

Printemps en deuil à la résidence.

PAULINE DAMBLON

 

Notre très chère Pauline vient de disparaître. Notre Pauline bien-aimée. C'était un des piliers de notre résidence. Il y aurait bien des choses à écrire à son propos. Et d'abord que son départ nous navre car nous lui étions très attachés. Toutefois, ces temps derniers, Pauline avouait sa fatigue et affirmait que le temps était venu pour elle " de faire ses bagages". Pauline est donc en voyage désormais.

 

Nous l'aimions beaucoup. Bien sûr, il y avait la fermeté de son caractère, il y avait ses dispositions à l'autorité, mais aussi la clarté de son sourire, ses malices et ses taquineries (elle m'appelait, en raison disait-elle de ma chevelure et de ma barbiche, Le Patriarche), l'attention qu'elle portait aux autres, sa grande sensiblité aussi. Pauline possédait le génie de la narration, elle savait placer des temps dans son récit, l'articuler avec science, intégrer quelques mots en wallon (elle adorait quand on échangeait quelques mots en wallon), elle saupoudrait le tout de mimiques adéquates. Elle savait faire resplendir un sourire. Elle avait une mémoire phénoménale : la grande et la petite histoire, les souvenirs de la ferme, les guerres, les événements familiaux.

 

Un jour, elle m'a longuement parlé de Gaston Compère et de sa maman. L'écrivain était né à Conjoux en 1924. Pauline se souvenait très bien de lui et du jardin de sa maman. Oui, hein, toi, me disait-elle, oui, je me souviens bien du petit Gaston !

 

Elle avait, gamine, une passion pour les chevaux de trait. Elle en parlait d'une façon merveilleuse. Pour un article, je l'interrogeais, je cherchais à prendre des notes. Arrête d'écrire et écoute-moi, me disait-elle. Quand elle vous parlait, il fallait la regarder, Pauline, elle y tenait, c'était comme une courtoisie de regarder son interlocuteur. De la même manière, elle savait écouter, elle était curieuse des autres, curieuse de leur avis sur les choses, sur l'actualité dont elle venait de prendre connaissance en lisant intégralement (et parfois avec l'appoint d'une loupe) son quotidien. Elle avait le goût de ces petites conversations improvisées et chaleureuses. Cela restera, dans mon souvenir, de beaux instants.

 

Pauline était née le 1er juin 1917. Entrée chez nous le 26 novembre 2002, Pauline est décédée ce 8 avril vers 13 heures.

 

   

 

SL702125

 

   

 

Pour lui rendre hommage, nous plaçons autour de la photographie de notre vieille amie, les chevaux et les champs de son enfance. Qu'ils agrémentent le voyage qu'elle vient d'entreprendre. 

14:53 Écrit par animation sainte-anne dans Mémorial | Lien permanent | Commentaires (0)

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