18/03/2010

Andalousie (8) L. Drugmand

Andalousie (8) - Lucien Drugmand

Fascinés et éblouis par les splendeurs que nous avons admirées, nous quittons Grenade pour rejoindre la Méditerranée à Motril. La route est très sinueuse et montagneuse. On franchit l'extrémité de la Sierra Nevada. Nous passons sur le côté de Las Alpujarras et, en fin de parcours, nous découvrons l'agglomération de Motril. Souvenons-nous que notre roi Baudouin y est décédé dans sa résidence d'été. De Motril, par Nerja et Torre del Mar. Le parcours se fait en bordure de mer, nous traversons des localités touristiques réputées. Nous parvenons ainsi au Parador complexe où se situe notre appartement), assez fatigués par une journée de chaleur et de découvertes.

Après une nuit de repos et en guise de journée relax nous décidons d'assister à une corrida. Elle a lieu en fin d'après-midi de façon à ce que l'arène soit ombragée sur une bonne moitié. Avant d'entrer, nous sommes surpris de voir arriver cinq à six carrosses à roues fleuries. Il s'agit du maître de la corrida et de ses invités qui arrivent. Les dames sont habillées de magnifiques robes fleuries, portant des chapeaux ornés de fleurs, elles agitent le légendaire éventail. Les hommes sont en redingote et chapeau buse gris. Ce petit cortège est le préambule du magnifique spectacle auquel nous allons assister. Dès l'entrée, nous avons l'occasion de visiter les box des six taureaux qui seront sacrifiés. A quelques pas de là, à notre grande surprise, la loge du matador étant ouverte, nous assistons à son habillement. Chapeau noir tricorne, gilet court aux couleurs or et blanc, garni de verroterie et pantalon blanc très serrant. Nous sommes émerveillés par cette toilette d'apparat. Nous nous installons dans les gradins, à l'ombre et sommes surpris du nombre de spectateurs : nous sommes 15 ou 20.000 aficionados. Brusquement, le maître de la corrida donne le signal du début du spectacle. L'orchestre entame la sonnerie rituelle du début de spectacle. Et la cortège entre dans l'arène face à la loge du président. Celui-ci donne les clés du torril afin de libérer le premier taureau. Ce cortège pittoresque s'appelle le paseo. Le toréador conduit sa troupe composée de banderilleros armés de banderilles à rubans multicolores. Ensuite viennent les deux picadors sur chevaux caparaçonnés qui, en somme, sont prévus pour piquer le taureau au garrot et ainsi déjà l'affaiblir par une perte de sang, cette manoeuvre est désapprouvée bruyamment par la foule. C'est au tour, cette fois, des banderilleros d'accomplir leur ballet autour du taureau et de planter les banderilles pointues. On est surpris par leur agilité, ils esquivent les coups de cornes du taureau. Après cette phase, entre en scène le toréador qui porte en main la muleta (petite cape rouge) et une épée. D'abord, le matador dédie la bête à quelqu'un, une personnalité. A l'aide de sa muleta, il attire le taureau inlassablement. Cette passe s'appelle la faena. Ici aussi, on admire la souplesse et la virtuosité du toréador. L'heure de vérité approchant, il faut dire qu'à ce moment, le taureau est pratiquement épuisé par ses blessures et sa hargne, il devine un peu son impuissance. Finalement il reste immobile et la tête basse. C'est à ce moment que le torédor plante son épée entre les omoplates de l'animal. C'est l'estocade. Le taureau tombe sur le côté et c'est sous les acclamations des aficionados que le toréador, selon l'intensité et l'agilité qu'il a déployées, reçoit une ou deux oreilles. Une escouade de valets, tirant un petit plancher, enlève le corps de la bête. Le spectacle se répétera encore cinq fois. Les courses de taureaux datent du XIIIe s. et comportent une variante, la course à cheval (la rejoneo). Il s'agit pour le cavalier à la fois d'exciter et d'éviter les cornes du taureau. Il est seul dans l'arène sans aucune aide et donc procède à la pose des banderilles et à la mise à mort. 

Marie-Luce et Marc sortent de l'arène sous le choc et déclarent, très impressionnés : "Nous ne voulons plus jamais voir cela !".

11:03 Écrit par animation sainte-anne dans Lucien Drugmand | Lien permanent | Commentaires (0)

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