29/01/2010

Les Alpes Dinariques

Les Alpes Dinariques (1) (Yougoslavie) - Lucien Drugmand (Les Voyages)

 

(Alpes dinariques : massif montagneux des Balkans dont le nom est issu du mont Dinara)

 

 

 

Zagreb

 

Nous sommes en 1970 et déjà nous sommes curieux de connaître l'Europe de l'Est. C'est ainsi que nous avons mis le cap sur la côte yougoslave de la Mer Adriatique. Nous partons tous les quatre en voiture vers Strasbourg, Karlsruhe, Münich et Salzburg. Quelques kilomètres au sud, nous faisons étape à Hallein, en Autriche, à la Schwarzbrau située sur la grand-place. Après une nuit de repos bien mérité (nous avions parcouru 922 km), nous reprenons la route nationale qui conduit vers la Yougoslavie. A la gare de Gastein nous montons toujours en voiture sur un wagon et nous traversons le Tauerntunnel (29 km) pour déboucher sur la route qui nous mènera en Yougoslavie par le Col de Vürtzen et nous filons par l'autoroute sur Ljubliana  et Zagreb. Au cours de ce trajet, nous nous sommes aperçus que nous longions la Save. C'est une rivière peu profonde mais très large dans laquelle pataugent des milliers de grues d'une blancheur immaculée. C'est dans cette belle ville de Zagreb que nous passons la nuit, à l'Hôtel Central, non loin de la gare. A l'époque, la ville compte tout de même 750.000 habitants, elle est la capitale socialiste de la Croatie. C'est le centre économique du pays. Le lendemain nous poursuivons sur l'autoroute qui conduit à Belgrade.

 

 

Banja Luka

 

C'est à environ 30 km, à une sortie de l'autoroute (Okukani), que nous plongeons au travers les Alpes Dinariques et nous pique-niquons à Banja-Luka dans un parc très ombragé sur le bord duquel on a érigé une mosquée. Nous sommes au mois d'août, il fait environ 25 à 27°. C'était la première mosquée que nous avions l'occasion de voir. La hauteur du minaret nous a impressionnés. Nous parvenons à la ville de Jace. Après avoir traversé une région très sauvage et les gorges de la Vrbas. De chaque côté de la rivière et de la route qui la longe nous semblons enfermés entre deux falaises de deux cents à trois cents mètres. le ciel semble s'être obscurci. La rivière est resserrée par endroits et dès lors devient tumultueuse. La route passe dans différents tunnels. A Jace, qui est traversée par la Pliva et le Vrbas, le site principal est constitué par la chute d'eau de la Pliva, d'une hauteur de vingt mètres environ. vraiment impressionnant. A peine sortis de la ville, nous admirons une vingtaine de moulins à eau en bois. Ils sont réunis autour de petites cascades.

 

Nous avons poursuivi notre route par Tavnik, Zenica pour arriver à l'étape projetée : Sarajevo.

 

 

Sarajevo

 

L'entrée à Sarajevo est vraiment étonnante car nous entrons vraiment dans l'orient. La ville s'étend sur les deux rives de la Miljacka qu'enjambent une dizaine de ponts. Pour rappel, sur l'un de ceux-ci, le patriote Princip assassina en 1914 l'archiduc d'Autriche François-Ferdinand, en visite officielle. Cet événement déclencha la première guerre mondiale. La ville a la particularité de rassembler les vestiges des civilisations anciennes slaves et turques. Nous sommes avides de pouvoir visiter une mosqueée.

 

 

Sarajevo

 

L'une des plus remarques est la mosquée du Bey (XVIe s.) Elle ressemble à la mosquée Aja-Sophie d'Istanbul. Pour entrer dans la mosquée, on nous invite à nous déchausser et à enfiler des pantoufles blanches. L'intérieur de la mosquée de Sarajevo présente diverses particularités. Le sol est recouvert de tapis multicolores sur lesquels les Musulmans prient chaque jour. Sur les côtés également, chacun des quatre murs montre des tapis sur lesquels sont imprimés une multitude de versets du Coran. Sur le côté droit, un escalier d'une trentaine de marches aboutit à un ambon d'où l'imam commente les écritures. Du plafond descendent une trentaine de luminaires dans lesquels de petits cierges sont censés éclairer la mosquée. Au sortir de la mosquée, nous remarquons la tour de l'horloge, une école turque, une vieille auberge turque et des maisons à l'architecture orientale. Nous avons parcouru le souk de Sarajevo, véritable marché d'objets hétéroclites et, bien sûr, de denrées alimentaires. Sur une des places principales se trouve un immense kiosque à coupole qui sert d'abris à une multitude de pigeons qui agrémentent le passage dans le site. On rencontre ça et là plusieurs groupes de femmes qui se réunissent près de certains puits et profitent de l'occasion pour se raconter les nouvelles du jour. Elles sont habillées de robes très colorées selon le quartier auquel elles appartiennent. 

 

 

Attentat de Sarajevo perpétré par Gavrilo Princip

 

 

La domination turque a duré cinq siècles et a été remplacée par l'arrivée des Autrichiens. 

 

Le lendemain, nous poursuivons nos découvertes vers Mostar (130 km, au sud). Ce parcours est jalonné de panoramas à couper le souffle. Nous traversons un tunnel qui nous permet de joindre la Vallée de la Neretva. La route nous conduit vraiment vers l'Adriatique. Le climat méditerranéen s'affirme à mesure que l'on approche de la mer. Après avoir longé la rive du grand lac de Jablanica, la route s'enfonce dans le profond canyon sauvage. On remarque que la rivière a créé son chemin par suite de l'érosion des eaux, de la neige et des vents. Des habitants profitent des chutes d'eau pour faire tourner les broches sur lequelles rôtissent de jeunes agneaux. Sur un mini-parking nous décidons de nous attabler et de goûter une cuisine vraiment régionale. Des côtes d'agneaux, des pommes de terre en chemise, du pain. Le repas est agrémenté d'un vin local un peu rude mais agréable à déguster. L'ambiance est vraiment pittoresque. Et nous voilà à l'entrée de Mostar.

 

 

Le Pont de Mostar

 

Mostar : petite ville de 60.000 habitants qui s'étend sur les deux rives de la Neretva dans une vallée encaissée.  C'est une des villes les plus chaudes de Yougoslavie car les roches réchauffent la vallée toute l'année par la chaleur accumulée durant l'été. La curiosité phare de Mostar est bien sûr le pont de pierre en dos d'âne. Il n'a qu'une seule arche dont la travée mesure environ trente mêtres. Hauteur : 28 mètres. Il fut construit en 1566 sous le règne de Suliman le Magnifique. De Mostar, nous continuons notre plongée sur l'Adriatique en longeant la Neretva. C'est à Metlovic que nous abordons l'Adriatique. Non loin du rivage, on peut admirer un chapelet d'îles dont toutes sont abondamment boisées. Il est 16.00, nous ralentissons de manière à jouïr des beautés de la côte. Peu avant Dubrovnik, à Tristeno, petit village en bordure de mer, nous arrivons sur la grand-place très ombragée et prenons le temps de nous désaltérer. Il fait très chaud. Quelques kilomètres plus loin la route arrive à la porte nord de Dubrovnik. La ville est ceinturée par une muraille très épaisse qui, du côté mer, surplombe les rochers qui émergent. Nous nous rendons à l'appartement situé sur la route sud où le propriétaire nous attend, nous sert un drink et nous fait admirer du premier étage le point de vue magnifique. Nous contemplons ainsi la ville de Dubrovnik située sur une presqu'île, le port et la petite île de Lokrum. Il est 18.00 et avant de nous installer, nous avons hâte de nous rendre en ville, cinq cents mètres plus bas. 

 

   

 

Dubrovnik

 

Pour entrer dans Dubrovnik, il n'y a que trois portes fortement défendues et au-dessus desquelles a été placée une statue de saint Blaise, le protecteur de la ville. Cette petite reconnaissance nous permet de constater l'absence en ville d'une boucherie, d'une boulangerie et des commerces de première nécessité. Force nous est donc de nous rendre à la sortie de Raguse (ancien nom de Dubrovnik) pour faire nos achats de victuailles. Le lendemain, repos sur place, nous allons reconnaître la ville d'une manière sommaire. En fait, nous cherchons nos repères. Après avoir franchi l'entrée fortifiée de la ville, nous longeons le couvent des dominicains, je crois, et nous débouchons sur la Placa, artère rectiligne et très large qui coupe Dubrovnik en deux parties. C'est au début de la Placa que l'on peut voir les principaux et beaux monuments. Et notamment, la Tour de l'Horloge construite en 1445, haute de 31 mètres, le Palais Sponza d'une architecture harmonieuse qui rassemble styles gothique et renaissance, le Palais du Recteur, du XVe s. A proximité, nous entrons dans la cathédrale qui garde un trésor de grande valeur : de très belles toiles de Dubrovnik sont attribuées à Le Titien, Raphaël, Piepolo. Parcourant La Placa, bordée de multiples commerces touristiques, nous parvenons au couvent des franciscains. Dès l'entrée, nous nous promenons dans le cloître voûté, à l'intérieur de la cour, on contemple les multitudes de parterres de fleurs et, dans le bâtiment principal, nous nous trouvons dans une des premières pharmacies d'Europe.   

11:16 Écrit par animation sainte-anne dans Lucien Drugmand | Lien permanent | Commentaires (0)

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