25/01/2010

Lucien Drugmand - La Campanie (10)

La Campanie (10) - Lucien Drugmand

 

 

 

Sortant de Amalfi par une route très sinueuse, nous allons gagner Ravello, village accroché à la montagne dans lequel on découvre des escaliers, des passages voûtés. Le village, dans son entièreté, s'expose comme un site inoubliable. Sur le côté de la cathédrale, on accède à la Villa Rufolo après être passé par une splendide porte ouvragée en bronze. Elle date du XIIIe s. et a été construite par une riche famille du village. Plusieurs papes y ont résidé ainsi que Richard Wagner, le compositeur allemand, en 1880. Après avoir franchi la tour gothique de l'entrée, on accède à une une cour ombragée de style mauresque. La villa surplombe des jardins somptueux et fleuris, des terrasses panoramiques d'où l'on aperçoit le golfe de Salerne.

 

 

Villa Rufolo

 

 

 

La cathédrale, fondée au XIe s., conserve une chaire couverte de mosaïques à motifs et animaux fantastiques. Dans la crypte, on trouve une tête reliquaire (de toute beauté) en argent contenant les reliques de sainte Barbara.

 

 

 

Nous redescendons de Ravello pour reprendre la route côtière et traversons les beaux villages de Minori et de Maiori. Nous passons au Cap d'Orso, composé de roches découpées, d'où l'on admire la baie de Maiori. De là, nous parvenons, après quelques kilomètres, à Salerne. Elle est bâtie sur une courbe qui longe son golfe, dans lequel on découvre l'important port ainsi qu'un centre industriel. On la découvre principalement en suivant la magnifique avenue appelée "Lungomare Trieste". Cette avenue, longue de plusieurs kilomètres, se parcourt à sens unique, semblable à une autoroute. Entre les deux voies, ce ne sont que jardins fleuris, lauriers roses, eucalyptus, tamaris, palmiers, pins parasols.

 

 

Maiori

 

Nous sommes allés visiter la cathédrale qui renferme dans sa crypte le corps de l'évangéliste saint Matthieu. Elle a un style normand. L'atrium carré de pierre polychrome et de nombreuses arcades précèdent l'édifice proprement dit. Les deux ambons, artistiquement sculptés, forment avec le chandelier pascal, un ensemble ravissant.

 

 

Paestum 

 

Nous terminons les vacances par l'un des sites uniques et très riches en architecture, on cite Paestum la grecque. C'est le plus impostant d'Italie. Paestum a été fondée par les Grecs au XIe s. avant JC. C'était un port commercial important. Par son commerce avec la mère patrie, son aura s'étendit vers le nord de l'Italie et vers le sud de la France. la ville fut envahie par les Romains en 273 avant JC. Malheureusement, à cause de la malaria, tous les habitants quittèrent la ville. C'est un site classé et protégé par l'UNESCO. Le lieu comporte trois temples fort bien conservés. Des habitations, il ne reste que des fondations construites en parements de calcaire. Pour accéder au temple, on franchit la Porte de la Justice. Le mur d'enceinte de la ville a une longueur de 5 kilomètres. Par la Voie Sacrée, on parvient à la basilique. C'était le temple de Héra (Junon). Il comporte 50 colonnes archaïques renflées et cannelées. La salle centrale était coupée en deux nefs. Malheureusement, le temps a fait son oeuvre et elle est sans toiture. Quelques mètres plus loin, nous accédons au Temple de Neptune. Ce temple est de style dorique, d'une pureté admirable. C'est l'un des temples grecs les mieux conservés de la période grecque. On peut admirer quelques métopes sculptées. Il reste impressionnant de le parcourir aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur en raison de ses dimensions étonnantes. 

 

Nous continuons notre parcours et aboutissons devant le temple de Cérès. Il a été élevé en l'honneur d'Athéna et est entouré de 34 colonnes. Il n'a gardé qu'une partie de ses frontons. Nous sommes restés subjugués par ce site archéologique grec, l'un des plus importants d'Italie. Nous en avons gardé un souvenir ineffable. C'est de là que le temps du retour a sonné. Nous sommes rentrés par la route côtière en nous arrêtant en plusieurs endroits d'où l'on a redécouvert la côte amalfitaine sous d'autres angles.

 

 

Capri

 

CAPRI  

 

Après "l'expédition" vers Paestum, nous avons abandonné la voiture pour effectuer une mini-croisière dans le golfe de Naples. A Sorrente, nous avons pris un motoscafi pour aborder à Marina Grande sur l'île d'Ischia. Le petit port ne présentant pas un intérêt majeur, nous avons pris le téléférique qui mène en quelques minutes au centre nerveux de l'île, c'est-à-dire la Piazza Umberto. Au cours du trajet en motoscafi, nous avons eu un panorama unique à 360°. La Piazza Umberto est l'endroit où se rassemblent les touristes pour prendre l'apéritif. Elle est entourée de commerces de souvenirs mais également d'une jolie église en crépi blanc. De là, nous nous sommes dirigés vers la Certosa di San Giacomo (Chartreuse de Saint-Jacques). Le monastère est en ruine mais on peut y voir quelques statues romaines. On se promène aussi dans les jardins d'Auguste qui procurent des vues magnifiques sur les Faraglioni (des pics rocheux blancs émergeant du bleu de la mer). Après le dîner pris sur une terrasse donnant sur les Faraglioni, nous nous sommes rendus à la Villa Jovis (45 minutes à pied, en côte, nous étions épuisés). C'est l'ancienne résidence de l'empereur Tibère. Une loggia donne sur la mer et, sur l'esplanade, on a édifié une église d'où l'on découvre l'île entière. On devine, de l'arrière de l'église, le "saut de Tibère" où l'empereur, dit-on, précipitait ses victimes. Au retour, nous sommes montés dans un car à la Piazza Umberto pour nous rendre à Anacapri. Dans le car, on est tous époustouflés par les panoramas. Pins parasols, villas en crépi blanc piquetées dans le maquis ainsi que des massifs de fleurs multicolores. Superbe ! Le climat très doux permet à la végétation d'être exubérante. Nous débarquons du car près de la Villa San Michele. Elle a été construite par l'écrivain suédois Axel Munthe. C'est là qu'il a écrit son fameux "Livre de San Michele". De là, nous sommes montés par téléférique au Monte Solaro (600 mètres) d'où l'on découvre une vue sur Capri, Marina Grande, le Mont Tibère et les Faraglioni.

 

Descendus au centre d'Anacapri, nous avons déambulé dans les charmantes ruelles. Puis le car nous a ramenés à la Piazza Umberto à Capri. Nous sommes descendus alors vers Marina Grande afin de poursuivre l'excursion en bateau. C'est ainsi que nous avons traversé la baie de Naples en admirant toute la côte de Sorrente à Isola d'Ischia (l'île d'Ischia). Nous avons donc pu revoir le Vésuve, la rade de Naples. Nous avons croisé une frégate de la marine américaine basée à Salerne. Elle surveillait cette partie de la mer tyrrhénienne.

 

 

Isola d'Ischia

 

 

Le Fungho

 

C'est ainsi que nous sommes arrivés au nord d'Isola d'Ischia, à Ischia Porta. Cette île a la particularité de présenter un îlot rocheux sur lequel se dressent le Castello d'Ischia et quelques églises. Nous étions à peine sur le sol qu'un Italien nous aborde et nous propose de faire le tour de l'île en vespa. Cette vespa avait la particularité d'avoir deux roues à l'arrière, permettant aux quatre passagers de prendre place sur une banquette protégée du soleil. Nous avons accepté. C'est autour du point culminant, le Mont Epoméo (800 mètres), que l'on découvre un splendide point de vue. Le conducteur nous a donc promenés de village en village. Je voudrais mentionner un endroit. Il s'agit d'un énorme champignon de tuf haut d'une quinzaine de mètres et qui émerge de la mer. "Un écueil à forme bizarre, fort connu comme Le Champignon avertit le visiteur qu'il arrive à Lacco Ameno". Cet écueil est baptisé Fungho. La plupart des maisonnettes appartiennent aux pêcheurs et ont été construites en pierres recouvertes d'un crépi blanc. On y accède par un escalier extérieur, c'est typique des constructions de cette région. Plusieurs maisons sont surmontées d'une coupole et les murs extérieurs tapissés de treille. Nous avons appris que l'île date de l'ère tertiaire et qu'elle a surgi lors d'une éruption volcanique. Nous sommes passés par Serrera Fontana et Barano.  

 

  

 

Le Mont Epoméo 

 

La vespa nous ramène au porto (après les deux passées autour de "l'île verte") où nous embarquons vers Capri et Sorrente. Après un jour ou deux de farniente, nous reprenons la voiture cette fois pour le retour vers la mère patrie. Nous revoyons Naples et son golfe inoubliable et, par l'autoroute du soleil, contournons Rome, traversons Florence et reprenons l'autoroute des Rivieras du Levant et du Ponant. Nous nous sommes arrêtés après la frontière italo-française pour aller saluer à Monte-Carlo mon parrain qui y séjournait. Enfin, nous avons pris l'autoroute du soleil vers Lyon et puis, direction le Luxembourg et Anseremme. (Vacances familiales du 13 juillet au 3 août 1967). 

 

 

11:07 Écrit par animation sainte-anne dans Lucien Drugmand | Lien permanent | Commentaires (0)

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