03/11/2009

Lucien DRUGMAND - Les Châteaux de Bavière

Les voyages de Lucien Drugmand

 Les Châteaux de Bavière

Nous sommes en septembre 1993. Nous voyageons en couple, mon épouse et moi. Au retour d'un périple sur les lacs italiens, de Venise, nous plongeons vers les Dolomites et passons par Bressanone et Cortina d'Ampezzo, célèbre station de ski. Nous arrivons à Merano où nous nous promenons le long du Passirio dans une vallée romantique et ombragée. L'ombre est précieuse car la chaleur peut être écrasante. Nous avons également parcouru la Laubenstrasse (en parallèle au Passirio). Cette artère très commerciale est jalonnée de commerces de luxe, de restaurants, de bars dont certains sont des pièces décorées par des oeuvres de dizaines d'artistes locaux. ces oeuvres relatent des scènes villageoises (sorties d'église, mariages, baptêmes) et des scènes domestiques (coupe du bois, récolte). Ces peintures datent du dix-neuvième siècle. Nous y avons dégusté une bière locale tout en admirant les tableaux. Par là, toutes les bières sont bonnes. Beaucoup d'habitations ont des chambres d'hôtes. Généralement, on a des vues superbes sur les Dolomites. Elles font partie des Alpes. Elles tirent leur nom d'un géologue français, Gratet de Dolomieu. De Merano, nous nous dirigeons vers la ville frontière de Füssen.

 

 

LES DOLOMITES

 C'est à Füssen que nous avions établi notre quartier général. C'est la cité où le Lech s'échappe tumultueusement des Alpes par un défilé étroit. Il y a là une chute serrée, haute d'une bonne vingtaine de mètres, si je me souviens bien. Ce lieu, c'est le pas de Saint-Magnus que franchit une passerelle qui donne accès à un sentier menant au centre de Füssen. Sur une élévation rocheuse, on remarque le château qui fut la résidence des princes-évêques d'Augsbourg ainsi que le Baumgarten, pittoresque parc public d'où les panoramas sont splendides.

 A quelques kilomètres de Füssen, nous nous rendons en voiture dans un des cinq parkings proches des châteaux royaux de Bavière. De là, le rendez-vous des touristes a lieu à l'extérieur d'une grande brasserie. Des cars nous y attendent et nous conduisent jusqu'au Marienbrücke qui franchit la gorge de la Pöllat, un torrent qui descend des Alpes. Louis II venait souvent, à la nuit tombante, admirer les payasages, le château vide et silencieux après avoir fait illuminer la salle des chanteurs. Il est bon de se souvenir que la Bavière était un royaume, titre octroyé par Napoléon parce que des troupes bavaroises ont fait campagne à plusieurs reprises avec les troupes françaises. Après l'épisode napoléonien, la Bavière redevient un duché.

Le château de Neuschwanstein est hérissé de tours et de pinacles. Il est construit en granit gris sur un éperon rocheux. Comme à Hohenschwangau, les premières esquisses furent dessinées par un décorateur de théâtre ce qui explique la structure et l'aspect du château. Cela explique aussi l'atmosphère de songe dans laquelle baigne le visiteur. La visite des aménagements intérieurs permet de découvrir des lambris dorés, des peintures murales à profusion, des plafonds à caissons décorés. Ceci confirme l'espèce d'irréalité de l'ensemble du château. On rêve en regardant ça. Au coeur de al forêt bavaroise, dans un site accidenté, on ne s'attend pas à voir ce bijou. Les pièces les plus révélatrices sont au troisième étage, entre autres, la fausse grotte à stalactites avec jardin d'hiver attenant qui évoque la légende de Tannhaüser, mais aussi le grand salon avec une ornementation ayant pour thème la légende de Lohengrin (nouvelle invasion de cygnes, il y a des cygnes partout). La presque totalité du quatrième étage  est occupée par la salle des chanteurs 'Sangersaal), couverte d'un plafond à caissons, resplendissante de candélabres et de lustres. Richard Wagner, qui fut l'hôte de Hohenschwangau, ne vint jamais à Neuschwanstein pas plus que dans les deux autres châteaux (Linderhof et Herrenchiemsee). Il a fallu une dizaine d'années pour bâtir cette merveille et Louis II y passa un peu plus de quelques semaines ! 

  

Neuschwanstein

Le château de NEUSCHWANSTEIN

Au retour de Neuschwanstein, nous arrivons au château de Höhenschwangau. Aux envrions de 1835, maximilien II de Bavière, prince héritier, fit élever cette construction à partir d'importantes ruines féodales du XIIe siècle. Il a le style néogothique qui correspond au romantisme de l'époque. Louis II lui-même rêva dans ce décor une grande partie de sa jeunesse. Extérieurement, c'est moins beau que Neuschwanstein. Toutefois, sa richesse intérieure, la décoration des pièces, l'ornementation valent largement Neuschwanstein. Höhenschwangau a gardé l'agrément des demeures habitées. Il y a eu la longue présence de la reine Marie, mère de Louis II, jusqu'à l'orée du XXe siècle. Ceci explique son atmosphère d'une relative intimité. On note particulièrement les plafonds de style rayonnant et le mobilier en bois de cerisier et érable. Au deuxième étage, l'ancien salon de musique conserve des traces émouvantes de l'admiration que Louis II voua à Richard wagner. On retrouve notamment le fantastique dans la chambre de Louis II dont le plafond figure la voûte céleste semée d'étoiles. Celles-ci s'allumaient à volonté. De sa fenêtre, le roi Louis II pouvait surveiller à la lunette l'avancement des travaux de Neuschwanstein. Les deux châteaux sont distants de trois ou quatre kilomètres.

 

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Le château de HOHENSCHWANGAU

Pour terminer ces deux visites, il y a lieu de dire un mot au sujet des châteaux de Linderhof et de Herrenchiemsee. Louis II fit élever de 1869 à 1879 le château de Linderhof, d'un style mariant la renaissance italienne et le baroque, avec le souci d'y créer une intimité relative. On y retrouve, lors de la visite, une chambre à coucher de parade surpassant en luxe Versailles même ; cabinet de glaces, panneaux de toile peinte imitant les tapisseries, on y admire des statues ou pastels de Louis XIV, Louis XV, Madame de Pompadour, Madame du Barry, etc. On peut dire aussi qu'il y a une homogénéité dans l'outrance  décorative - tout est exagéré, excessif ! - qui laisse finalement une certaine impression d'harmonie. Le château de Linderhof est bâti au milieu d'un domaine de chasse. Ce "petit Versailles" fut la dernière demeure de Louis II que l'on retrouva noyé dans le lac de la propriété.

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Linderhof

Le château de Chiemsee a été bâti sur l'île du Schiemsee, le plus grand lac de Bavière (82 km2). Il étale ses eaux paisibles entre les rives cernées de roseaux et face aux contreforts des Alpes bavaroises qui hissent au sud les crêtes bien nettes. Sur l'île de Fraueninsel, on voit un extraordinaire château, pastiche de Versailles, ainsi qu'une abbaye.

Dans ces espaces, tout est splendide au niveau des coloris. Ce voyage se termine dans les couleurs chatoyantes de l'automne 1993.

11:22 Écrit par animation sainte-anne dans Lucien Drugmand | Lien permanent | Commentaires (0)

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