28/01/2010

Albertine VANDRUNEN

Albertine van Drunen

 

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Mon père a travaillé aux Indes à Batavia. Il était très jeune. Il étudiait la langue malaise. Il écrivait des livres sur l'histoire et les artistes indiens. Jeune fille, Maman était aux Antilles. Les parents de ma mère exploitaient la canne à sucre.

 

Papa et Maman étaient cousins. Elle était dix ans plus jeune que lui. Ils se sont mariés en Hollande le 28 octobre 1921. C'était à Den Haag. Ils ont eu deux enfants, deux filles : Nyria et moi, Albertine Cornélie Teada van Drunen.

 

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Je suis née à Den Haag (La Haye). J'ai fait mes études à Den Haag. On ne disposait d'aucune liberté : étude et travail, un point c'est tout. Oh, je ne le regrette pas. Je préfère ce modèle à ce que l'on voit aujourd'hui. Quand mon père disait non, c'était non. Même chose pour ma mère. J'ai fait des études dans une école commerciale. Aujourd'hui, c'est devenu un restaurant, on y cuisine très bien, paraît-il. J'ai réussi mes études. Sans rire, mon rêve : j'aurais voulu être vendeuse dans un magasin de boules, bonbons, sucreries. Quand j'ai dit ça à mon père, il a refusé catégoriquement. Cela lui paraissait une profession incompatible avec notre rang. Pas question. Attention, mes parents étaient des gens adorables. Je les adorais, je les adore toutjours, au demeurant. Maman était styliste : robes, manteaux. Elle faisait tout pour ses enfants, un travail magnifique.

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Finalement, j'ai travaillé dans un bureau. Mon premier emploi, c'était une banque. je n'aimais guère le travail de bureau, je ne supportais pas d'être enfermée. Ensuite, j'ai travaillé dans une autre banque, toujours à Den Haag. Même chose, gérer des titres, des trucs que font les banques, affreux, ça ne m'a pas attiré. Ensuite, une troisième banque. Toujours le même boulot, ça me déplaisait, non, trois fois non, à vomir, insupportable. Ensuite, j'ai travaillé dans une entreprise d'exploitation du zinc à Den Haag. Cela me plaisait davantage. Le patron était un homme charmant. Il y avait des gens de mon âge. C'était gai. Le patron était aimable. Je remplissais des tâches administratives mais dans une ambiance de travail excellente, familiale. Je m'entendais bien avec l'épouse du patron, ses enfants, vraiment, des gens charmants. Ensuite, j'ai travaillé chez Deca, la firme de disques. C'était très gai. Toujours du travail administratif. j'ai fait un ou deux enregistrements, un vrai fiasco. Je me rappelle, ce n'était pas évident de parler dans le micro. Je n'y arrivais. J'étais intimidée. J'étais pressée, je riais. On s'amusait beaucoup. Quand on riait, j'étais là.

Mon mari s'appelait Georges Grégoire, il est né à Wépion, près de Namur. Je l'ai rencontré dans un dancing à Bruxelles. Non formions un groupe de trois ou quatre filles. Et il y avait toujours un jeune homme qui me regardait. Il a fini par m'inviter à danser. Je ne savais pas danser. Je me suis débrouillée. Il m'a réinvitée. Je n'ai jamais su danser. Nous nous sommes mariés le 29 juillet 1950 à Uccle. J'ai dû patienter un an, mon père n'était pas d'accord avec ce mariage. Il aurait préféré un avocat, un docteur, un riche bourgeois.

 

Mon époux travaillait dans l'immobilier : il achetait et vendait des maisons. Il s'occupait également des assurances. Nous avons eu deux enfants : Yves, journaliste spécialisé dans l'halieutique, France, employée. Quand je suis devenue mère de famille, j'ai cessé d'exercer une profession.

 

Mon époux s'est orienté vers l'imprimerie et la reliure. Il travaillait rue du Melon, à Forest. Mon mari dessinait également, il était très artiste. Il faisait de superbes objets en cuivre repoussé. Il était d'une habileté extradordinaire. Des gens ont remarqué ses talents et l'ont orienté vers la reliure d'art. Il pouvait peindre, composer, trancher, concevoir tout le livre, travailler le cuivre, l'affiner, parfois même réaliser une housse de protection. Il faisait de magnifiques choses. Il a réalisé des couvertures en relief. Il réalisait des objets splendides, des ouvrages pour des personnalités dont le Chah d'Iran, notamment. Il a réalisé des expositions de ses oeuvres : à l'Innovation, au Centre Culturel de Uccle. Il peignait aussi beaucoup. Des paysages, des nus. J'aimais beaucoup son travail. Il savait tout faire : menuiserie, électricité. Il ne craignait rien, il était très courageux. Mon mari est mort il y a dix ans. Il est mort d'un cancer. Pour moi, ça a été terriblement dur. C'était un homme fantastique. 

 

Quelques ouvrages reliés par Georges Grégoire

 

RELIURES DE GEORGES GREGOIRE (1)

 

RELIURES DE GEORGES GREGOIRE (10)

 

RELIURES DE GEORGES GREGOIRE (11)


 RELIURES DE GEORGES GREGOIRE (13)

 Quelques tableaux de Georges Grégoire

TABLEAUX GEORGES GREGOIRE (2)

TABLEAUX GEORGES GREGOIRE (3)

TABLEAUX GEORGES GREGOIRE (6)

TABLEAUX GEORGES GREGOIRE (11)

TABLEAUX GEORGES GREGOIRE (13)



    

13:48 Écrit par animation sainte-anne dans Albertine Vandrunen | Lien permanent | Commentaires (0)